à suivre ...

Pour des raisons purement technique, vous trouverez les prochaines c'roch'notes (s'il y en a !) à cette nouvelle adresse :

http://crochnotes2.blogspot.com/

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À bientôt !

100 : oui, cent ... san roque

[100 c'roch'notes : ça vous épate pas, ça ?]

[chien s'abreuvant : madère]

Ma collection de photos de Saint Roch, San Roque, San Rocco, São Roque et autres Roquito, Rocaillon et Rocky s'agrandit peu à peu, une vingtaine d'exemplaires à ce jour. On les fête le 16 août, même s'il y a des usurpateurs à cette date dans votre agenda.

Pour m'aider à compléter cette collection c'est très simple : lors de vos voyages, si vous osez entrer dans une église catholique, apostolique et romaine, cherchez la statue de Saint Roch, vous la trouverez très souvent.

[celui-ci vient de loin : la havane]

Quand vous l'aurez trouvée, prenez-la en photo et envoyez-moi le fichier en précisant le nom de l'église (+ ville et pays) où vous l'avez trouvée ! C'est tout. (Merci à Inès qui m'en a déjà envoyé quelques uns)
Et si vous en voyez une ailleurs que dans une église, c'est bon aussi !
Et si c'est pas une statue, je prends quand même !

[le parangon des st roch : portugal]

6 critères définissent le parfait St Roch en bon et due forme et en bon uniforme :
- chapeau à larges bords
- coquille(s) de son collègue Saint Jacques
- bâton de pèlerin
- plaie sanguinolente au dessus d'un genou
- chien au pied
- morceau de pain dans la gueule du chien

[à la niche le clébs : st trégonnec ©inès]

Mais beaucoup de St Roch ne présentent pas tout ces critères comme vous pouvez le constater sur certaines des photos. Disons quand même que 3 des critères ci-dessus listés semblent un minimum nécessaire pour affirmer la rochitude de la statue.

Attention : ne peuvent être considérés comme critères d'exclusion :
- le côté de la plaie purulente du genou (dans ma collection, on trouve presque autant de genoux gauches que de genoux droits + un pudique qui ne montre pas son genou).

[pudique ou frileux ? : barfleur]

- la race du chien, qu'il soit lévrier ou corniaud, parfois remplacé par un angelot, les chiens étant en principe interdits d'église.

[les angelots aboient-ils ? : portugal]

- la physionomie du Roch : certains ont l'air de souffrir le martyre, ce qui est de la pure comédie pour éveiller notre pitié et ouvrir notre porte monnaie ; d'autres ont l'air carrément jovial ce qui correspond mieux à un natif du Languedoc mais n'est pas très catholique quand-même.

[il est pas pathétique celui-là ? : toulouse, st sernin]

Et quand j'en aurai cent (des St Roch, pas des ans !) on fera le concours du plus beau et du plus original en attendant ma canonisation !

99 : triste constat

Saint Eloi est située aux confins du département de l'Essonne, bordée par la rivière éponyme, ses marais et ses bois.

Depuis deux ou trois ans nous ne voyons plus
ni grenouilles rousses dans les feuilles mortes,
ni grenouilles vertes sur les nénuphars,
ni crapauds balourds dans le potager,
ni tritons noirs dans les mares,
et, plus attristant encore, nos soirées d'été ne sont plus enchantées par la jolie polyphonie flûtée des crapauds accoucheurs ...


On peut toujours en accuser les hérons devenus nombreux dans la région alors qu'ils étaient autrefois absents.
Mais ne sont-ils pas des boucs émissaires faciles ? Après tout, les poissons sont encore nombreux dans les étangs et les ruisseaux, même si on en trouve parfois quelques reliquats dévorés sur les berges.
Faut-il accuser les vipères qui ont tendance à investir le jardin ?
Les belettes ? Mais ces dernières sont d'apparition trop récente pour être déjà mises en accusation.
Ce ne sont quand même pas les sangliers, de plus en plus envahissants ces sauvages !

Plus inquiétant encore : aucune coccinelle cette année alors qu'elles n'ont jamais manqué, jusqu'à présent, de venir goûter mon vin et visiter mes rosiers dont je précise qu'ils sont indemnes de toute pulvérisation chimique.


Quant aux vers luisants, cela fait bien un quart de siècle qu'ils ont disparus ... et lézards verts et lézards des souches sont en voie de raréfaction dans les sous-bois de bruyères.


Que se passe t'il ?

98 : trois modèles

Reprise des cours de dessin hebdomadaires abandonnés depuis dix ans.
Deux heures de concentration plus épuisantes qu'on ne pourrait le penser : je serais bien incapable de tenir plus longtemps, et pourtant, ce n'est pas moi qui pose !
Comme Clot (ici et ), je vous présente quelques uns des dessins c'roch'qués (évidemment !) au cours des trois premières séances, avec trois modèles on ne peut plus différents.

[15 minutes]

[5 minutes, main gauche]

[5 minutes, main gauche]

[15 minutes]

[5 minutes, main droite]

[15 minutes]

Il y a dix ans, j'avais appris beaucoup de choses mais celles-ci me paraissaient pratiquement impossible à mettre en application.
Comme par exemple ne pas me crisper sur les lignes mais faire balader mon crayon d'un bout à l'autre du dessin en "modelant" petit à petit les formes que j'ai sous les yeux ; ne pas interpréter ce que je crois voir (ceci est une jambe donc ça doit être comme ça) mais simplement reproduire les formes que je vois, comme si elles étaient abstraites et ne représentaient rien, etc... je trouvais ça vraiment très difficile.
Et là, curieusement, tout me paraît beaucoup plus aisé, comme s'il avait fallu dix années sans toucher un crayon pour que mon cerveau assimile la façon de le tenir.
Ou plus exactement pour que mon cerveau laisse travailler mon œil et ma main, sans les pervertir par sa subjectivité.
Et le travail de la main gauche sur des poses de courte durée, tout à fait nouveau pour moi, est une excellente façon de déconnecter complètement le cerveau, et de libérer ensuite la main droite de façon surprenante !
Prochaine séance : modelage ... là, ça craint !

97 : hypnose et saoulographie

Vous souvenez-vous de certaines gouttes de pluie ? [relire ici] .
Ce soir-là, à la Cité de la Musique, les cent métronomes du "Poème symphonique pour cent métronomes" de György Ligeti étaient sagement alignés sur le devant de la scène, chacun réglé sur une fréquence différente, leur ressorts plus ou moins remontés pour que chacun ait sa propre durée de vie.
Mais pour l'instant ils étaient muets, attendant leur heure ...

Le concert de l'excellent ensemble bruxellois Ictus démarrait avec "De la texture" de Philippe Leroux, compositeur né en 1959. Quelques flûtes, clarinettes, et percussions entouraient un trio à corde, un piano et une guitare. Une œuvre assez ludique, le compositeur jouant sur les rythmes et les timbres (avez-vous déjà vu jouer un guitariste avec un archet ?), dont l'ironie surréaliste aurait pu servir de bande son à un dessin animé tchèque. Cela fait-il une "œuvre" ? Plutôt une amusante étude.

À peine la dernière note jouée, quelques instrumentistes se lèvent sans attendre les applaudissements et, dans un fondu-enchaîné assez rare en concert pour être souligné, font démarrer un à un les fameux métronomes. La lumière s'éteint, seuls les métronomes restent éclairés, battant l'air de leurs petits bras maigrichons.
Au début tout n'est que cacophonie, mais rapidement des mouvements d'ensemble apparaissent, lorsque certaines fréquences entrent en phase produisant des ondulations du rythme et de l'intensité, comme une grosse pluie balayée par des rafales de vent. A mesure que les métronomes s'arrêtent, le rythme, bien que toujours changeant, se simplifie de plus en plus jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que trois, puis deux, puis un seul métronome en action ... plic, plic, et la pluie cesse ...

Mais "Drumming" démarre immédiatement, encore un fondu-enchaîné bienvenu. On pouvait difficilement trouver mieux que cette œuvre de Steve Reich [voir crochnote n°6] pour illustrer le poème métronomique de Ligeti :
4 paires de bongos en ligne et le premier percussionniste commence à frapper ses deux tambours de ses deux baguettes. L'un après l'autre, trois autres percussionnistes rejoignent le premier et chacune des huit baguettes frappe son petit tambour à un rythme différent, l'ensemble devenant de plus en plus complexe. L'intensité de chaque frappe varie elle aussi, et de temps en temps un frappeur s'éloigne puis revient. Et l'on entend les mêmes ondulations du rythme qu'avec les métronomes, les fréquences de frappe s'additionnant ou s'opposant par vagues successives. S'y ajoutent des variations de timbre lorsque les baguettes sont une à une tenues à l'envers, le son devenant imperceptiblement plus mat et plus sec. L'effet hypnotisant de cette pièce est encore accentué par le jeu stroboscopique des baguettes, on reste cloués sur nos sièges, les tousseurs en oublient de tousser ... jusqu'à la fin abrupte de ce premier mouvement. Ils ne joueront que ce mouvement : cette œuvre hallucinogène, emblématique de la "musique répétitive", en comprend quatre et dure près d'une heure, avec l'introduction progressive d'autres instruments et de quelques voix en résonnance.


[un extrait de Drumming]

Après l'entracte, une pièce assez déconcertante (si l'on ose dire !): "Nancarrow Concerto" de Paul Usher, compositeur anglais né en 1970. Petit orchestre et pianola (piano mécanique joué par un homme doté d'une si longue barbe grise qu'on la jurerait fausse). A l'écoute de ce concerto, on peut imaginer qu'il est 5 heures du matin, et que la nuit s'est passée à beaucoup boire et beaucoup danser avec un orchestre de jazz symphonique un peu ringard. Quelques instrumentistes complètement épuisés jouent encore par automatisme pour accompagner les deux ou trois couples encore debout sur le vaste parquet. Des femmes entre deux âges, copieusement saôules, en robes longues froissées, échevelées, maquillage dégoulinant, tenant en main une bouteille de gin vide, l'autre main s'accrochant au cou épais d'hommes rougeauds et suants, veste depuis longtemps tombée, cravate dénouée et chemise tachée, jambes largement écartées pour ne pas s'effondrer ... Et on regarde et écoute cela avec un sourire amusé et distant, avachis dans nos fauteuils, en se disant qu'il faudrait qu'on ait le courage de se lever pour aller se coucher mais que, si l'on reste, c'est parce que la musique c'est toujours du plaisir !

Le concert se termine avec le merveilleux "Kammerkonzert" de Ligeti. On est ici en terrain connu (au disque) mais l'écoute en concert apporte une autre dimension, on ne le répétera jamais assez ! Les flûtes et cordes créent des volutes de fumerolles dans l'air calme, de petites risées de vent font tourbillonner la poussière, de temps à autre une rafale soulève et fait onduler les tas de feuilles mortes, fait mugir les arbres au loin, puis c'est une petite pluie fine et douce qui nous caresse le visage, avant de laisser la place à un timide rayon de soleil. Cette pièce de rêverie automnale se conclut par une étonnante petite note en point d'interrogation.